Cela fait désormais quelques temps qu'on entend parler de Black Bloc, souvent dénigrer et réduit à des violences gratuites par les médias, ou au contraire encouragé par certains milieux alternatif. Sans que grand monde sache réellement de quoi il découle.
Cela fait désormais quelques mois qu'on entend parler de Black Bloc(s), principalement dans les milieux d'extrême-gauche.
Cependant, que ce soit du côté des militant-e-s anticapitalistes comme dans le reste du monde, le Black Bloc effraie et fascine, déchaîne bien souvent des haines assez farouches ou au contraire des tonnerres d'applaudissements, sans que grand monde sache forcément de quoi il retourne réellement.
L'aura de mystère qui entoure le phénomène contribue à en faire une légende et à alimenter bien des fantasmes quant à son existence, sa raison d'être, les motifs comme la nature de ses actions.
Parce que le sujet vaut mieux que les approximations douteuses auquel il est souvent résumé, et que l'actualité nous donne de plus en plus d'occasions d'en entendre parler et donc de nous en préoccuper, ce texte a pour but d'expliquer de manière synthétique (mais cependant non exhaustive) les qui ?, quoi ?, pourquoi ?, comment ? concernant le Black Bloc, et de proposer une analyse positive (ne le cachons pas !) de l'intérêt politique qu'il représente, de manière, peut-être, à susciter des réactions et débats à ce sujet !
Le(s) Black Bloc(s), c'est quoi ?Un Black Bloc, c'est un ensemble d'individus ou de groupes affinitaires, qui se regroupent de manière spontanée ou organisée à un moment donné, à l'occasion de manifestations ou actions politiques.
Ce n'est ni une organisation ni un réseau centralisé d'une quelconque manière.
On ne peut donc pas vraiment parler « du » Black Bloc, mais « d'un » Black Bloc parmi d'autres, la composition de ces groupes changeant et fluctuant au gré de leurs apparitions.
Ce qui caractérise un Black Bloc, c'est d'abord le fait que les individus et groupes le composant se définissent majoritairement comme anarchistes et proposent une perspective libertaire sur le(s) thème(s) de la manifestation ou action en question. Ce qui rend cependant le Black Bloc « visible » et singulier, c'est le fait que ses participant-e-s sont généralement vêtu-e-s de noir et portent un masque, un foulard ou une cagoule. Rassemblé-e-s, ces différentes personnes forment ainsi un bloc noir.
Désignés comme tels, les Black Blocs sont apparus aux États-Unis dans le cadre des manifs contre la guerre du Golfe en 1991. C'est plus précisément le 30 novembre 1999 à Seattle, lors des actions de résistance au congrès de l'OMC, que des Black Blocs se sont particulièrement illustrés, et ont largement attiré l'attention des médias comme d'une partie des manifestant-e-s. Cependant, le Black Bloc n'est pas un phénomène nouveau. Il est directement inspiré des mouvements d'ultra-gauche européens, comme le mouvement autonome allemand des années 1980, dont les acteurs et actrices s'habillaient en noir, étaient masqué-e-s, combattaient la police dans la rue et proposaient une critique et une pratique radicales, en rupture avec les modes de protestation traditionnels.
Par ailleurs, le Black Bloc n'est pas « le » mouvement anarchiste, qui existe sous de multiples autres formes très diversifiées. Le Black Bloc n'en est qu'une des formes ; c'est un mode d'organisation et d'action parmi d'autres.